Sur le projet

‘Your home is a microcosm of the world in which you live.’ (traduction ‘Votre maison est un microcosme du monde dans lequel vous vivez’) Je suis tombée sur ces paroles dans Dearest Priscilla: Letters to the Wife of a Colonial Civil Servant. Ce guide pratique pour les femmes des fonctionnaires coloniaux a été écrit par Emily Bradley et fut publié en 1950, juste avant la fin de l’Empire Britannique et au début des mouvements indépendantistes en Afrique de l’Ouest. Cet ouvrage, sans doute régulièrement consulté par les colons  britanniques, est maintenant conservé dans une collection spéciale de l’Université de Cambridge.

De quel monde, ou de quels mondes, était-t-il question chez Bradley? Je voulais en savoir plus sur le genre de vie domestique que Bradley et ses lecteurs créaient pour eux-mêmes et pour les gens qui vivaient dans ces maisons et travaillaient là-dedans ou autour. Dans la vie quotidienne, à quoi ressemblait ce ‘monde dans lequel vous vivez’, ce monde colonial britannique?  Et dans quelle mesure était-ce différent de la vie domestique coloniale allemande ou française du début du vingtième siècle? Beyond the Bungalow est une tentative d’entrer dans ces mondes et de les voir à travers les yeux de ceux qui ont eux-mêmes vécu l’impérialisme et également à travers les récits transmis à leurs enfants, petits-enfants ou autres membres de la famille.

Ce site fait partie d’un plus vaste projet de recherche historique qui examine les dimensions privées de l’impérialisme d’outre-mer européen à travers les espaces domestiques. Cette recherche a commencé en 2012 pendant mon fellowship postdoctorale à l’Université de Cambridge, où j’ai commencé l’analyse comparative entre les maisons britanniques, françaises et allemandes en Afrique Subsaharienne entre 1880 et 1960. Ce projet ainsi que le site web ont été financés par The Leverhulme Trust.

Certaines insertions sur ce site proviennent d’entrevues personnelles et de correspondance que j’ai eues pendant mon séjour à Cambridge, mais ce sont également des entrevues antérieures auprès des familles coloniales en Allemagne et en Namibie pendant la rédaction de mon livre Postcolonial Germany (Oxford University Press, 2014). Toutefois, afin de bien comprendre l’expérience quotidienne de l’impérialisme, que ce soit pour l’ancien colonisateur que pour le colonisé, il est important de consulter une plus vaste nombre de personnes, aussi bien en Europe qu’en Afrique et en Asie. La technologie numérique permet les connexions entre localisations géographiques, là ou un contact personnel, presque 150 ans après l’ouverture du Canal de Suez, coûte toujours beaucoup de temps et d’argent.

Depuis 2015, je travaille au département Histoire de l’Université d’Utrecht. Avec Anne Marijn Damstra, étudiant MA Histoire Culturelle de l’Europe Moderne, j’ai étendu le projet vers les maisons coloniales (la vie domestique coloniale) du dix-neuvième et vingtième siècles aux plusieurs lieux, y compris les anciennes colonies néerlandaises. Notre association rendra cette recherche plus accessible pour un plus grand nombre de personnes intéressées qui ont été impliquées dans la création de ces maisons coloniales et y ont vécues, ainsi que les personnes qui ont assisté à la transformation de ces maisons au cours des années.

Le but de ce site web et des publications supplémentaires est d’offrir une meilleure compréhension de l’histoire de la vie coloniale quotidienne en partant d’un contexte comparatif.  En outre, nous espérons recevoir plus d’informations sur les maisons coloniales sous des angles différents : du gouverneur de la colonie à l’employé, du missionnaire au fundi, du colon au domestique. Nous voulons créer sur notre page ‘Community’ une espace pour y rassembler des données sur la vie coloniale quotidienne aux dix-neuvième et vingtième siècles et sur cet héritage colonial d’aujourd’hui.

Avez-vous des photos, des dessins ou des histoires à raconter sur les maisons coloniales bâties aux dix-neuvième et vingtième siècles? Téléchargez-les en cliquant sur ‘Ajouter votre histoire‘. Naviguez à travers les différentes contributions sous la rubrique ‘Parcourir histoires‘ ou visitez notre page ‘Collections’ qui offre un aperçu des différents espaces de la maison coloniale ainsi que des renseignements générales.

Nous attendons avec impatience votre réaction.

Dr Britta Schilling

Assistant Professor, Université d’Utrecht